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Les 12 règles essentielles

 

  • Etre lucide pour inventorier les causes

Le problème des dirigeants est de penser que cela ira mieux demain ou qu’il s’agit de doper les ventes pour sortir de la situation.

Hors le mal est plus profond et en général, il y a 3 à 5 causes principales.

L’évolution défavorable de l’environnement extérieur de l’entreprise et le manque de réactivité, l’organisation interne défaillante, l’inadaptation du marché, les coûts de structure et de production trop élevés, et les difficultés financières sont les plus fréquentes.

Ainsi pour mettre toutes les chances de son côté, il faut connaître les causes réelles, les valider et aller jusqu’au fond des choses.

  • Etre crédible et inspirer la confiance vis à vis des salariés et des partenaires

Avant tout, il faut convaincre et rassurer ceux dont l'entreprise a besoin. Les salariés, les banquiers, les fournisseurs, les clients et les actionnaires doivent avoir confiance dans le futur de l’entreprise ainsi que dans le manager.

Pour gagner cette confiance, les clefs de réussite sont :

  • Trouver un projet porteur et durable pour l’entreprise
  • Identifier et reconnaître les erreurs du passé et revoir les décisions prises du passé
  • Montrer une détermination implacable, savoir prendre des décisions difficiles même impopulaires de manière rapide et être prêt à défaire des oppositions farouches
  • Faire adhérer la majorité des salariés et des représentants des salariés
  • Communiquer sur ce que l’entreprise fait, comment elle y va, les résultas escomptés et les résultats obtenus
  • Faire ce qu’on dit
  • 100 jours pour inverser la tendance et pour réussir

Etant donné le manque de trésorerie et le déficit qui s’accumule, il faut se donner 100 jours pour renverser la tendance : gage de la réussite

Les 20 premiers jours doivent être consacrés à arrêter l’hémorragie, à envoyer des signaux forts, à reprendre le contrôle de la situation et à montrer un changement significatif.

Durant les 100 premiers jours, il faut lancer une série d’actions pour sauver l’entreprise, inverserser la tendance et redresser de manière significative les comptes de la société

  • Définir la bonne stratégie en fonction des moyens financiers et du marché

Il est absolument nécessaire de définir le métier ou les métiers de base de l’entreprise et quels sont les points forts et les points faibles.

En fonction de cette analyse, il faut définir la bonne stratégie parmi les 4 possibilités suivantes :

  • La stratégie de l’expansion : celle-ci n’est applicable qu’en cas de marché porteur et de moyens financiers très importants
  • La stratégie du statu quo : la principale cause est le manque de productivité de l’entreprise
  • La stratégie du repli : possibilité d’éliminer certains produits, certaines activités ou des ventes à certains clients qui ne sont pas rentables
  • La stratégie de la restructuration : possibilité de rendre rentable quelques activités mais dans d’autres structures. Cette stratégie entraîne souvent la disparition de l’entreprise.
  • Ecouter, communiquer et partager la recherche des solutions

Il est indispensable d’analyser les éléments comptables, les contrats et de comparer la situation de l’entreprise par rapport à ses concurrents. Cependant il faut absolument écouter et partager les causes et les éventuelles solutions avec les salariées. En effet, la plupart ont une vision réaliste de la situation, ils connaissent l’entreprise et ils sont, pour la majorité, des alliés pour la mise en place du plan d’actions.

  • Etablir un plan d’action

A partir du projet de l’entreprise, il faut construire un plan d’actions avec son enjeu, son calendrier, le mode de mesures directes sur les comptes et les résultats escomptés. Ce business plan redonnera confiance aux différents interlocuteurs (salariés, banquiers, clients, fournisseurs, actionnaires...).

Ainsi on offre une nouvelle perspective qui fédérera l’ensemble des salariés autour des métiers, de productivité, de qualité, de délai et de reconquête commerciale au lieu de ne parler que de réduction de coûts.

  • Penser cash, BFR et plan de trésorerie

Dans les premiers temps, il faut survivre. Ainsi il faut obtenir le maximum de réductions et d'étalements de dettes auprès de tous les créanciers (fournisseurs, organismes financiers, Urssaf, impôts...).

Un bon business plan et une bonne stratégie et un langage loyal permettront de faciliter ces négociations.

L’autre pilier est de faire rentrer les créances clients le plus rapidement possible en revoyant les processus et en impliquant toutes les personnes concernées du commercial aux financiers.

De mêmes, il faut revoir les processus d’achats, de production et de stockage afin de réduire les stocks et les encours.

Sans oublier, bien sûr, la vente d’actifs non indispensables.

Pour toute décision, il faut penser à la marge, la rentabilité par rapport au capital et au BFR nécessaire.

Tout ceci sera accompagné obligatoirement d’un plan de trésorerie détaillé accompagnant le business plan.

  • Responsabiliser et changer l’organigramme

Il faut optimiser, simplifier l’organigramme et réduire le niveau hiérarchique afin de permettre des prises de décision rapide et la responsabilisation.

Il est très souvent nécessaire de changer l’équipe de direction lorsqu’elle a une lourde responsabilité dans la situation actuelle et qu’elle empêche ou ralentit le changement nécessaire.

Pour ceci, une évaluation des compétences et un inventaire des tâches de chaque collaborateur permet d’améliorer les processus, de réaffecter les salariés par rapport à leurs talents et d’apporter ainsi une meilleure contribution à la marche de l’entreprise.

  • Changer la culture d’entreprise

Dans la plupart des entreprises en difficultés, l’organisation est confuse, le middle- management est paralysé et il y a une forte résistance au changement, une démotivation des équipes, un turn-over élevé et une perte des hommes clef. Dans une telle situation, il faut instaurer une culture de la performance, des résultats, des responsabilités et du respect des délais.

De plus, il est nécessaire d’adapter la culture de l’entreprise à la nouvelle stratégie.

La politique de rémunération doit évoluer afin de récompenser les salariés par rapport aux réels efforts.

  • Réduire les coûts

La réduction des coûts doit se faire en tenant compte de la nouvelle stratégie car il ne faut pas compromettre le redéploiement futur de l’entreprise et des éventuelles conséquences de tout arrêt d’activités ou de produits. (ex : perte d’un gros client suite à l’arrêt d’un produit non rentable).

3 actions sont nécessaires:

  • Identifier les différents segments non rentables de l'entreprise en remettant le plus souvent en cause les imputations des charges (Imputation des charges de structure non pas au prorata du CA ou des coûts directs mais par rapport aux diverses et réelles activités de l'entreprise). En général le profit est la somme des activités non rentables et des activités rentables si les premières sont supérieures. Elle ne peut être traitée que par la suppression des zones de pertes après avoir évalué les conséquences directes et indirectes d’un tel arrêt.
  • Identifier les zone de non-productivité des fonctions de l’entreprise (commercial, production, R&D, etc.) et comparer avec les concurrents. En général ces zones de non-productivité sont dues, soit à une baisse de l’activité sans adaptation des moyens à son nouveau volume, soit à un ancien avantage concurrentiel qui cachait cette non-productivité. Elle ne peut être traitée que par la refonte des processus.
  • Ne pas oublier de réduire les coûts de structure (personnel, achats d frais généraux…) et des achats servant à la production et ne pas se focaliser uniquement sur les gains de productivité. Généralement, les économies sont plus rapides et plus importants que l’amélioration de la production qui ne représente en moyenne que 20% du coût.
  • Améliorer les performances

La progression des ventes peut être facilement réalisée par la mise en place d’une politique de service, par des relances sur des clients bien ciblés, par une restructuration de la force commerciale et par des diversifications (distribution, international, segments de marché..) ou tout simplement par le strict respect des contrats et de l’exhaustivité de la facturation.

Il faut avant tout penser à l’amélioration de la marge, aux délais de réalisation et à l’augmentation liée du BFR.

Il faut améliorer l’ensemble de la Supply Chain (optimisation des entrepôts, des stocks, des transports, des coups de manutention, de l’approvisionnement, de l’ordonnancement et de la planification).

Concernant la production, il faut à la fois optimiser les capacités, les fournitures industrielles, l’équilibre entre entretien et maintenance, la qualité et l’utilisation des matières premières.

  • Redéployer l’activité

Après la réduction des pertes, il faut que l’entreprise soit rentable et pérenne. Ainsi il faut redévelopper son chiffre d’affaires sur son métier de base tout en améliorant ses points forts afin de générer un développement rentable et rapide.

  • Conclusion

Pour toute entreprise ayant passé par une phase de retournement, elle améliore son système de management, sa gestion et ses relations avec ses salariés et son environnement. Elle a, par la nécessité de la chose, renforcé ses points forts, remédié à ses points faibles, recentré sur son métier, amélioré ses processus et la motivation des salariés en ayant une culture des résultats.

 

 

Retournement - Redressement
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